Les tribulations de la Française des jeux

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Revue de presse: censure, manipulation, incitation des jeux aux mineurs, hasard hasardeux, bug informatique

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Les tribulations de la Française des jeux

Affaire Riblet
Sommaire Riblet

La Française des jeux a proposé de l'argent à un plaignant

 

La Française des jeux a proposé de l'argent à un plaignant

Article publié le 31 Mai 2006
Par Pascal Ceaux
Source : LE MONDE
Taille de l'article : 793 mots

Extrait : LA FRANÇAISE DES JEUX (FDJ) pourrait être accusée de tricherie. Au moment où elle vient de célébrer le trentième anniversaire du Loto par la mise en jeu d'une cagnotte record de 30 millions d'euros, elle voit à nouveau son attitude mise en cause dans le conflit qui l'oppose à un joueur, Robert Riblet. Celui-ci avait démontré que les jeux de grattage ne respectaient pas l'égalité des chances entre les joueurs et avait engagé une action civile contre la FDJ ( Le Monde du 31 janvier).

 

La française des jeux truqués

 

L'émission Capital du 5 février propose un numéro entier consacré aux jeux d'argent. Parmi eux, les jeux de grattage, qui ont connu un développement exponentiel ces dernières années.
Lancement de Guy Lagache : « La Française des jeux est une entreprise publique, d'ailleurs, près de 30% de ses recettes, soit 2 milliards et demi d'euros vont chaque année dans les caisses de l'Etat. De la conception jusqu'à la vente, vous allez découvrir le business qui se joue derrière ces tickets. Et puis, que l'on gagne ou que l'on perde, est-ce toujours le fruit du hasard ? »


MAIS QUI EST ROBERT RIBLET ?

LA FRANCAISE DES JEUX TRUQUES

Petit retour en arrière. Dans le JDD du même jour, un certain Robert Riblet apporte la soi-disant preuve que le Vegas (le jeu de grattage phare) n'est pas soumis aux seules lois du hasard. Ce Monsieur Propre, qui chasse l'injustice partout où elle se terre, a acheté un carton contenant 100 carnets, ou bandes, comportant chacun 50 tickets à 3 euros. Le tout pour 15 000 euros. Ouvrant et grattant chaque bande, Riblet arrive à de drôles de conclusions : selon lui, dès lors qu'un gagnant à 20 euros est sorti dans une bande, il n'y a plus aucune chance de trouver un autre gagnant à 20 euros ou plus. Par ailleurs, la somme des petits lots (inférieurs à 20 euros) équivaut très exactement, pour chaque bande de 50 tickets, à 50 euros, soit un tiers de la somme ! Drôle de hasard, qui se distribue aussi régulièrement. Tout ceci n'aurait aucune importance, si ces résultats pas très aléatoires, donc relativement prévisibles, n'avaient aucune conséquence sur le comportement d'achat des clients… et de vente des buralistes. Qui touchent, en passant, 5% par ticket vendu. Et 6 millions de ces espoirs de gains sont grattés chaque jour…
« La Française des Jeux est la plus rentable des entreprises publiques. A chaque fois que vous jouez, un tiers de ce que vous dépensez est reversé à l'Etat. A l'arrivée des sommes considérables, chaque année 2 milliards 300 millions d'euros tombent dans les caisses publiques, l'équivalent de la moitié du budget de la justice.»

Car, et c'est ce que les enquêteurs de Capital découvrent, certains buralistes sont au courant de la « combine », et modifient leur comportement de vente. Ainsi, un buraliste qui a déjà vendu 46 tickets à gains inférieurs à 20 euros sur un carnet de 50, sait qu'il y aura très probablement un gagnant à 20 (pour 3 euros investis) dans les 4 restants. Alors soit il se met la souche de côté, comme un petit avantage corporatiste, soit il la vend à ses « bons » clients. Le bon client, s'il gagne régulièrement, revient chez le même buraliste… pour consommer du jeu. Le « mauvais » client achetant du ticket en ignorant qu'il a beaucoup moins de chances de gagner !

LA FRANCAISE DES JEUX NE RIGOLE PLUS

LA FRANCAISE DES JEUX TRUQUES
Contactée par Riblet, la FDJ a commencé par nier, comme il se doit. Sur leur site, il est stipulé que les lots sont distribués de manière absolument aléatoire.
Dans un deuxième temps, devant les évidences et la plainte au tribunal de Nanterre pour tricherie –Riblet, défendu par l'inévitable Me Collard, réclame 2 ME- la Française concède que « ce n'est plus que du hasard prépondérant ».
Traduction ? On s'arrange pour qu'il y ait un minimum de petits lots (rendant les joueurs accros), mais pas trop de gros lots dans un même carnet, confirmant la notion « d'étalement ». Se basant sur le cas de la ville italienne de Bergame, où trop de gros lots sortis dans un même carnet avaient provoqué une distorsion régionale… Les clients nationaux refusant ensuite d'acheter des jeux ailleurs !
L'affaire étant sérieuse, la Française des Jeux propose 300 000 euros à Riblet, non pas comme prix de son silence, mais officiellement pour récompenser ceux qui découvrent une faille dans le système, un peu comme ces pirates qui sont embauchés par les boîtes informatiques qu'ils ont hackées… Refus de Riblet, qui de toute façon n'a pas besoin d'argent. Il est riche, et son investissement de 15 000 euros dans les bandes ne l'a pas mis sur la paille.

RIBLET GRATTE LA OU CA FAIT MAL

Truqués?

Truqués?
Ainsi, le petit calcul de Riblet sur 100 bandes a suffi à mettre le doigt sur une faille algorithmique à la Française des Jeux. Les journalistes de Capital ont été chercher de « grosses têtes » issues de l'X ou de Normale Sup, qui sont des spécialistes du calcul de probabilité. Selon eux, l'échantillon de 100 bandes utilisé par Riblet suffit à affirmer que la distribution de tous les lots FDJ ne sont pas soumis à un sort aléatoire. En gros, que les dés sont pipés. Le hasard étant programmé, les petits malins au courant profitent du système et le dévoient. Un véritable délit d'initiés !

Voici ce qu'en dit le reportage : « Alors hasard ou pas hasard, le directeur va nous donner l'explication en nous révélant un point important, effectivement les jeux de grattage ne sont pas complètement des jeux de hasard. »
Le Directeur du marketing de la FDJ : « Une répartition minimale des petits lots et éviter des répartitions maximales des gros lots dans les livrets, ce qui est permis, conforme aux textes qui régissent nos activités, le hasard doit être prépondérant dans notre activité mais forcément exclusif. »
Effectivement, sur le site de la FDJ, un décret reconnaît ce fameux « hasard prépondérant », notion très ambiguë qui fait rire les mathématiciens contactés. Qui ont d'ailleurs prouvé que si le sort était aléatoire, la proportion de gros tickets gagnants ne serait pas de 3%, comme elle l'est actuellement, mais de 18% !

CENSURE A CAPITAL

LA FRANCAISE DES JEUX TRUQUES

Venons-en à l'affaire dans l'affaire. Capital monte un sujet de 30 minutes à partir de cette grosse ambiguïté, avec interviewes de Riblet et des buralistes « truqueurs ». Mais, ô surprise, à l'antenne, on ne découvre qu'un sujet de 20 minutes bien désossé, c'est-à-dire sans les témoignages de la dizaine de buralistes : « Moi ça fait 15 ans que je fais ça, j'ai jamais vu un deuxième lot sortir », ou « Quand il m'en reste plus que trois, je le garde pour moi. » Et amputé du fameux différentiel de gain de 18 à 3%, et remonté avec une voix off différente qui change tout. En effet, dans la semaine, le sujet entier a été tronqué et « resonorisé ». N'oubliant pas que la Française pèse son poids en télé… En 15ème place des annonceurs télé en 2005 avec 56ME investis. A l'arrivée, on obtient un publi-rédactionnel quasi neutre, avec une petite pointe de doute rapidement pulvérisée.

Voici ce qui reste de toute l'affaire :« D'après Monsieur Riblet et comme le pensent également certains buralistes, quand il y a un lot exceptionnel à l'intérieur d'un carnet, il n'y en a qu'un seul et jamais plusieurs… Nous avons interrogé des mathématiciens sur le cas du jeu Vegas. D'après eux, même si 100 ventes forment un échantillon représentatif, la probabilité qu'on en trouve une avec un deuxième lot n'est néanmoins pas nulle. » Tout est dans le « pas nulle »… Par exemple, une sur mille, ce n'est pas nul.
Le journaliste en voix off pose la question qui tue: « Est-ce qu'il peut y avoir plusieurs lots importants dans une même bande ? »
Le Directeur du marketing de la FDJ assure : « Il peut y avoir plusieurs lots importants dans un même livret. »
Et maintenant la voix off finale, qui restera dans la tête des téléspectateurs, et donc des joueurs : « Désormais l'intervention du hasard peut être totale ou seulement prépondérante, mais pour gagner le gros lot ce sera toujours une question de chance. »

CANAL CENSURE RIBLET

Et ça te fait rire?
Et ça te fait rire?

La FDJ essaye d'étouffer l'affaire. On rappelle que le grattage correspond à 40% du CA maison… Dans le reportage, il manque aussi un « sonore » de Gérard Colé, ex-conseiller en image de Tonton, l'homme qui a importé le jeu de grattage des Etats-Unis, qui affirmait, en substance, que « le trésor le plus précieux que peut avoir la Française des Jeux est le lien de confiance avec le joueur ». Petite vacherie en passant…
Buresi, le patron de la FDJ, après avoir vu le reportage mercredi dernier, refusera de témoigner en plateau.
Quant à Riblet, invité de « Nous de sommes pas des anges » en fin de semaine dernière, l'émission de mi-journée de Maïtena Biraben sur Canal, son passage a été tout simplement caviardé. Il est vrai que le chasseur d'injustices avait été un peu loin : venu en plateau avec un carnet, il commence à gratter, et au bout de 17 tickets « misère », il trouve son gagnant à 20 euros. Il distribue alors les tickets restants au public en leur pariant qu'ils ne gagneront rien. Démonstration réussie. Hélas, c'était sans compter sur une responsable de la programmation qui prétextera que la chaîne « court un risque juridique de diffamation »… Une chaîne qui dépend un peu de la pub pour les émissions en clair. L'émission sera réenregistrée et toute la réjouissante scène coupée.

Les coups de ciseaux de la direction devenant une habitude, la Société des Journalistes de M6 a tenu réunion ce lundi 6 février pour savoir s'il faut mettre le feu à la chaîne. Un communiqué a été envoyé à l'AFP, dans lequel la rédaction demande à la direction de rediffuser le reportage dans sa version intégrale, lors de la rediff habituelle du mardi soir.
Il reste encore des utopistes, à Capital.


Publié le Mercredi 08 Février 2006
Source : observatoire des médias http://www.lorgane.com/index.php?action=article&numero=422&print=1

 

Du tirage entre la Française des Jeux et un client

 

Un joueur affirmant avoir démontré que les gains des jeux de grattage n'étaient pas distribués « au hasard », a affirmé mardi que la Française des Jeux (FDJ) lui avait proposé 450.000 euros, pour mettre un terme au litige. La FDJ dément.

 
 
Robert Riblet, qui soutient depuis plusieurs mois que les jeux de grattage ne relevent pas du hasard, lance mardi de nouvelles accusations. Selon lui, la Française des Jeux (FDJ) lui aurait proposé en juillet 2005, « la somme de 450.000 euros: 300.000 cash et 150.000 un an après » pour mettre fin au litige qui les oppose. « Après ma plainte le 26 avril 2005, la FDJ a provoqué deux réunions en présence de Me Gilbert Collard, mon avocat », a-t-il ajouté.
 
 
« En dépit de dénégations publiques, la FDJ lui a bien proposé la somme de 450 000 euros, lors de discussions informelles, officiellement pour rétribuer le travail du contestataire », écrit Le Monde mercredi. Le journal affirme avoir « pu consulter des documents internes à la FDJ qui mettent à mal la position officielle ».
 
 
Robert Riblet, qui a introduit une action civile contre la FDJ, a affirmé qu'il « irait jusqu'au bout de son action en justice » et qu'il allait « réclamer 2 millions d'euros, montant de mon préjudice et auquel peuvent prétendre 29 millions de joueurs ». « Je veux forcer la FDJ à devenir malgré elle le mécène des associations que je parraine », a-t-il encore dit.
 
 
Démenti
 
 
La FDJ assure quant à elle mardi que « les jeux de grattage qu'elle propose sont conformes aux tableaux de lots publiés au Journal Officiel ainsi qu'aux règles et obligations qui s'imposent à elle ».
 
 
« Les accusations de tricheries avancées par M. Riblet font actuellement l'objet d'une instance pendante devant le tribunal de grande instance de Nanterre », précise-t-elle. Elle ajoute aussi «que certains propos tenus par M. Riblet dans la presse font l'objet d'actions engagées par la FDJ du chef de diffamation à son encontre ».
 
 
« Un hasard programmé »
 
 
Robert Riblet affirme que, pour certains jeux de grattage, un seul ticket gagnant représentant une forte somme se trouve dans chaque lot de tickets. Selon lui, certains buralistes et des « accros du jeu », informés de cette particularité, « augmentent leurs chances de gagner en ne piochant pas dans les lots qui ont déjà fourni un ticket gagnant ». « C'est moi qui ai découvert la supercherie de la Française des Jeux. J'ai découvert que les jeux de hasard n'était pas des jeux de hasard mais un hasard programmé », soutient l’accusateur.



Source Lefigaro :
http://www.lefigaro.fr/france/20060530.WWW000000420_la_francaise_des_jeux_sur_le_banc_des_accuses.html

 

Quand la FDJ tente d'acheter un investigateur gênant

 

Quand la FDJ tente d'acheter un investigateur gênant


La Française des jeux aurait proposé 450.000 euros à Robert Riblet, qui avait montré que les gains n'étaient pas dus qu'au hasard.

La Française des Jeux (FDJ) a proposé 450.000 euros pour mettre un terme à un litige avec un joueur qui avait démontré que les gains des jeux de grattage n'étaient pas tout à fait distribués au hasard, affirme Le Monde dans son édition datée de mercredi 31 mai.
Robert Riblet avait démontré que, pour certains jeux, un seul ticket gagnant une forte somme se trouve dans chaque bande de tickets. Des buralistes et des habitués des jeux utilisaient ce biais pour augmenter leurs chances de gagner en ne choisissant pas leurs tickets dans les lots qui avaient déjà fourni un ticket gagnant. Fort de ce constat, Robert Riblet avait introduit une action civile contre la Française des Jeux, rapporte Le Monde.
"En dépit de dénégations publiques, (la FDJ) lui a bien proposé la somme de 450.000 euros, lors de discussions informelles, officiellement pour rétribuer le travail du contestataire, ainsi que le montrent des documents que Le Monde a pu consulter", affirme le quotidien.


"Indemnisation"


Le Monde cite des documents internes selon lesquels la FDJ aurait accepté d"'indemniser" Robert Riblet à hauteur de 300.000 euros pour couvrir "le travail et le coût des investigations générées par ses recherches". A cette indemnité s'ajouterait "une somme supplémentaire de 150.000 euros" rétribuant une mission que la FDJ envisageait de lui confier ensuite.
Le quotidien affirme que "ces propositions figuraient dans une lettre confidentielle adressée par l'avocat de la FDJ, Me Joël Alquezar, à son confrère Me Gilbert Collard, défenseur de M. Riblet". Un autre document, signé du directeur du marketing et du développement de la FDJ Jean-Marc Buresi, évoque cette proposition destinée à "régler rapidement le litige avec l'intéressé". (Avec AP)

Source: Nouvelobs.com

http://archquo.nouvelobs.com/cgi/articles?ad=societe/20060530.OBS9617.html
&host=http://permanent.nouvelobs.com/

 

M6 et la Française des Jeux : Quand le CSA avalise la censure

 

Petit rappel des faits

Un reportage intitulé « Loto : la grande saga des jeux de grattage », diffusé dans le magazine « Capital », d’une durée initiale de 28 minutes, a été revu et corrigé par le directeur de l’information, dans de conditions que résumait le communiqué de la Société des journalistes de M6 rendu public le lundi 6 février 2006 et publié ici même

« [...] samedi 4 février, veille de la diffusion, en désaccord complet avec la rédaction, de « Capital », sans même avertir l’auteur du sujet écarté de toute modification, le Directeur de l’Information de M6 venait en personne censurer gravement le sujet :

- « coupe » des 8 minutes les plus embarrassantes pour la Française des Jeux ;
- réécriture du commentaire par le Directeur de l’Information et utilisation orientée d’éléments d’information fournis pas des mathématiciens, professeurs et chercheurs à Polytechnique ou aux Écoles Normales Supérieures ;
- réenregistrement de la voix du commentaire samedi après-midi par un journaliste du « 6 minutes » appelé en urgence. Il ne saura rien des raisons pour lesquelles l’auteur du reportage n’enregistre pas lui-même le commentaire.

La censure visait notoirement à préserver les intérêts de la Française des Jeux. A travers les spots publicitaires achetés sur l’ensemble de la télévision française, la Française des Jeux est, à hauteur de 56 millions d’euros en 2005, le 14ème annonceur sur ce média. »

Le passage censuré, tourné en caméra cachée, a été diffusé le 5 février 2005 dans l’émission « Arrêt sur Images ». On y voit notamment des reporters de « Capital » qui se rendent chez un buraliste pour vérifier la théorie de Robert Riblet qui soutient que les jeux de grattage ne doivent pas grand chose au hasard : une théorie que les témoignages recueillis semblent conforter, « à 97% » risque le commentaire original. Dans la version expurgée, « les chances qu’elle ne soit fausse ne sont pas nulles »... Evaluer ainsi des probabilités relève sans doute des jeux de hasard, mais c’est sur un principe, et non sur un calcul que le CSA était appelé à se prononcer...

Le CSA « régule » !

Sur le site du Conseil supérieur de l’audiovisuel, on peut lire ceci :


« Émission Capital du 5 février 2006 : le Conseil répond à Me Collard

Date de publication sur le site : 29 mars 2006
Assemblée plénière du 1er mars 2006

Me Gilbert Collard a saisi le Conseil d’une plainte formulée par M. Robert Riblet à propos de l’émission Capital diffusée sur M6 le 5 février 2006, lors de laquelle celui-ci estime avoir fait l’objet d’une censure alors qu’il s’exprimait sur la question des jeux de grattage.

Le Conseil a répondu à Me Collard qu’il considérait que la séquence en cause n’était pas constitutive d’un manquement, par la chaîne, à ses obligations relatives à l’honnêteté de l’information, la problématique du caractère aléatoire de la distribution des lots dans les jeux de grattage ayant été clairement exposée et l’expression des différents points de vue assurée. »

Résumons : pour le CSA, une censure n’est pas une censure quand un reportage est coupé au montage et que son commentaire est réécrit, pour peu que demeurent la « problématique » et les « différents points de vue » ! Tout le reste est sans doute superflu : le droit moral de l’auteur du reportage sur le résultat de son travail ; le droit des téléspectateurs d’être informé. Ces deux droits, selon l’aveu implicite du CSA, sont la propriété privée des tenanciers de M6 et des publicitaires.

Faut-il en conclure que le magazine Entrevue est plus respectueux de la liberté de la presse et des droits des journalistes ? Nous n’irons pas jusque-là ! Mais dans le numéro d’avril 2006, on peut lire, sous le titre général « Les annonceurs font la loi sur M6 », 3 pages sur le sujet.

Qu’un véritable scandale puisse l’être aussi pour un journal à scandales n’est sans doute pas une surprise. Mais qu’il ne le soit pas pour le CSA est proprement ... scandaleux, sans être vraiment surprenant non plus. Quand un magazine comme Entrevue informe plus correctement que le CSA ne juge, il y a peut-être de quoi s’inquiéter et exiger qu’une institution réellement démocratique remplace cet organisme fantoche, jouet du pouvoir politique, des intérêts privés et des publicitaires.


Publié le jeudi 6 avril 2006
Source : observatoire des médias http://www.acrimed.org/article2325.html

 

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